Trois jours pour apprendre à concevoir des vidéos avec l’intelligence artificielle
Bonjour, je suis Amandine Dumas, chargée de communication à La Plateforme. Un an après avoir suivi notre première formation « IA & Métiers de l’Image », j’ai eu le plaisir de participer au Niveau 2, une nouvelle immersion consacrée cette fois-ci à la vidéo générative et au design sonore.
L’année dernière, j’avais découvert les bases de l’IA appliquée aux métiers de l’image : création de visuels avec Midjourney, premiers tests de génération vidéo sur Kling 1.6 et découverte d’un nouveau workflow créatif. Depuis, les outils ont continué d’évoluer à une vitesse impressionnante. Découvrir l’article de la formation niveau 1.
Cette nouvelle formation n’avait donc plus pour objectif de découvrir l’IA dans le domaine créatif, mais bien d’apprendre à l’utiliser comme un véritable outil de production audiovisuelle.
Aux côtés d’autres professionnels de l’image et de la communication, nous avons été accompagnés par Fouzi Louahem, creative technologist, réalisateur et artiste IA, puis par Christophe Menassier, compositeur et sound designer, pour explorer toutes les étapes de création d’un court-métrage généré avec l’IA.
Et une chose est rapidement devenue évidente : produire une vidéo avec l’IA ne consiste pas à écrire du prompt dans un chatbot.
Derrière une vidéo réussie se cache une vraie méthode
Sur les réseaux sociaux, on voit chaque jour apparaître des vidéos générées par intelligence artificielle toujours plus spectaculaires. On pourrait croire qu’il suffit d’un prompt bien formulé pour obtenir un résultat professionnel. La réalité est beaucoup plus intéressante.
Pendant ces trois jours, nous avons découvert que la qualité d’une vidéo repose avant tout sur la préparation. Comme dans le cinéma traditionnel, tout commence par l’écriture, la direction artistique et la mise en scène.
Le fil conducteur de cette session était une réinterprétation du Petit Chaperon Rouge. Un conte connu de tous, qui nous a permis de nous concentrer pleinement sur la méthode : comment transformer une idée en séquence vidéo cohérente ? Comment éviter que l’IA ne réinterprète trop librement un personnage, un décor ou une ambiance ? Comment obtenir un résultat fidèle à l’intention de départ ?
Cette approche m’a particulièrement plu car elle remet la créativité au centre du processus. L’IA devient un formidable accélérateur de production, mais les choix artistiques restent entièrement humains.
Une véritable chaîne de production IA
L’un des grands intérêts de cette formation est de montrer que les outils ne fonctionnent pas de manière isolée. Ils se complètent.
Avant même d’écrire le scénario, nous avons commencé par chercher un style visuel. C’est une étape essentielle. Le rendu final d’une vidéo IA dépend énormément de l’univers graphique choisi dès le départ : réaliste, cinématographique, fantastique, sombre, coloré, publicitaire, illustratif… Ce choix influence ensuite la création des personnages, des décors, des lumières et même la manière de raconter l’histoire.
Une fois le style défini, nous avons créé tous les personnages avec Nano Banana 2 et ChatGPT. L’objectif était de générer des références solides : plusieurs angles, plusieurs expressions, différentes attitudes, afin de pouvoir garder une cohérence d’une scène à l’autre.
Ce travail peut sembler minutieux, mais il est indispensable. Sans références précises, l’IA peut facilement réinterpréter un visage, changer un costume, modifier une ambiance ou transformer un décor d’un plan à l’autre.
Nous avons ensuite créé les différents environnements : forêt, maison, intérieur, ambiances… Chaque élément devient une référence visuelle qui permet de guider les modèles vidéo et d’éviter que l’IA ne parte dans une direction trop éloignée de notre intention.
Le storyboard : l’étape qui change complètement le résultat
S’il y a une chose que je retiendrai de cette formation, c’est l’importance du storyboard.
Avant de lancer la moindre génération vidéo, nous avons construit un scénario et un découpage précis de notre film. L’objectif était de créer des scènes en neuf séquences, correspondant aux contraintes actuelles du modèle Seedance 2.0, avec une durée maximale d’environ 15 secondes par séquence.
Seedance 2.0 est aujourd’hui l’un des modèles les plus performants pour la génération vidéo, notamment grâce à sa qualité d’animation, sa compréhension des intentions de mise en scène et sa capacité à conserver une bonne cohérence visuelle entre les plans. Pour exploiter pleinement son potentiel, il est toutefois indispensable de lui fournir un storyboard solide et des indications précises.
Chaque plan devait être pensé dans le détail :
- le cadrage ;
- le mouvement de caméra ;
- l’action du personnage ;
- les expressions ;
- les dialogues ;
- les indications audio ;
- la lumière ;
- les détails du décor ;
- la continuité avec les autres scènes.
Cette étape demande beaucoup de rigueur. Il faut s’assurer que le storyboard ne comporte pas d’incohérences, ni sur les personnages, ni sur les décors, ni sur les intentions de mise en scène. Un détail oublié peut rapidement créer une erreur dans la génération : un personnage qui change de tenue, un décor qui se transforme, une action mal interprétée ou un dialogue qui ne correspond plus à la scène.
Avant, lorsque je testais les générateurs vidéo, j’avais tendance à vouloir produire directement les séquences avec un prompt, sans aller assez précisément dans les éléments de référence.
Cette formation m’a montré que la préparation représente facilement les ¾ du travail. Plus le storyboard est précis, plus les générations sont cohérentes. On limite les erreurs, les incohérences entre les plans et surtout le nombre d’essais nécessaires.
Finalement, cette étape ressemble énormément à la préproduction d’un tournage classique.
Voir ses personnages prendre vie
Après toute cette préparation, nous avons enfin pu passer à la génération vidéo. Nous avons travaillé principalement avec Seedance 2.0 et Kling 3.0, deux modèles capables d’animer nos personnages à partir des images de référence et des indications de mise en scène.
C’est probablement le moment le plus impressionnant de la formation. Voir un personnage créé quelques heures auparavant évoluer dans son décor, marcher, courir ou interagir avec son environnement donne véritablement l’impression d’assister à la naissance d’un petit film.
Bien sûr, tout n’est pas parfait.
Comme lors du Niveau 1, certains résultats nous ont fait beaucoup rire. Les interprétations parfois surprenantes de l’IA donnent encore lieu à quelques scènes improbables… qui auraient largement leur place dans un bêtisier.
Mais c’est aussi ce qui rend les phases de tests particulièrement enrichissantes. Les erreurs nous rappellent que pour limiter les interprétations atypiques, tout ce qui se joue en amont est déterminant : personnages, décors, références visuelles, storyboard et précision des prompts. Plus ces éléments sont cohérents et propres, moins on rencontre de problèmes au moment de la génération.
Nous avons également appris l’importance de relire chaque prompt avant de lancer une vidéo. Une phrase ambiguë, une indication contradictoire ou un détail manquant peut complètement modifier le rendu.
Petit à petit, on apprend à mieux comprendre le fonctionnement des modèles, à anticiper leurs limites et à les guider plus efficacement.
Réalisé par : Nelly Gueidan
Réalisé par : Marc Boudier
Réalisé par : Julie Guidicelli
Réalisé par : Frédéric De Rosa
Réalisé par : Amandine Dumas
Réalisé par : Vincent Monceau
Le son : la dimension qui transforme complètement une vidéo
L’autre grande nouveauté de cette deuxième édition était le travail du son. Avec Christophe Menassier, nous avons découvert comment utiliser Suno pour enrichir nos productions avec des dialogues, des bruitages et des ambiances sonores.
C’est une étape que j’avais largement sous-estimée.
Même si Seedance est déjà très performant dans l’ajout de son directement intégré aux vidéos, travailler le son séparément reste un véritable atout pour augmenter la qualité du rendu final. Ajouter un bruitage précis, renforcer une ambiance, retravailler une voix ou choisir une musique adaptée transforme immédiatement la perception d’une scène. Le résultat devient plus immersif, plus vivant et surtout beaucoup plus crédible.
Cette partie de la formation montre que l’intelligence artificielle ne révolutionne plus uniquement la création d’images : elle accompagne désormais toute la chaîne de production audiovisuelle.
Une montée en compétences qui change la façon de créer
En un an, les outils ont énormément évolué. Les vidéos sont plus fluides, les personnages plus cohérents, les mouvements de caméra beaucoup plus naturels. Mais ce qui m’a le plus marqué n’est finalement pas la technologie.
C’est la méthode.
Cette formation ne nous apprend pas simplement à utiliser un nouvel outil. Elle nous apprend à construire un véritable workflow de création, à organiser un projet, à penser une direction artistique et à utiliser l’intelligence artificielle comme un partenaire créatif plutôt que comme une solution miracle.
C’est probablement ce qui fait toute la différence.
Les outils continueront d’évoluer dans les mois et les années à venir. En revanche, savoir raconter une histoire, préparer un storyboard, construire un univers graphique cohérent et orchestrer l’ensemble d’un projet restera une compétence essentielle.
Des usages très concrets pour les métiers de l’image et de la communication
Comme lors du Niveau 1, je repars avec de nombreuses idées et une forte envie d’expérimenter ces nouveaux workflows dans mes projets de communication.
Si, pendant la formation, nous avons travaillé autour du Petit Chaperon Rouge, il est très facile de se projeter vers des usages professionnels plus concrets.
On peut imaginer la création de publicités entièrement ou partiellement générées par IA, l’ajout de scènes manquantes dans un montage, la production de contenus courts pour les réseaux sociaux, la création de vidéos conceptuelles pour présenter une ambiance, un produit ou une campagne, ou encore la réalisation de maquettes animées pour tester une direction artistique avant un tournage.
Pour les métiers de la communication, ces outils peuvent devenir de véritables alliés : ils permettent de prototyper plus rapidement, d’explorer plusieurs pistes créatives, de rendre une idée plus tangible et de mieux présenter une intention à une équipe, un client ou un partenaire.
Au-delà de la découverte des outils, cette formation permet surtout de comprendre comment intégrer intelligemment l’intelligence artificielle dans un processus créatif professionnel. Elle s’adresse aussi bien aux graphistes, directeurs artistiques, vidéastes, communicants, photographes ou créateurs de contenus qu’à toutes les personnes souhaitant anticiper les évolutions des métiers de l’image.
Un immense merci à Fouzi Louahem, Christophe Menassier, à l’équipe Innovation de La Plateforme ainsi qu’à l’ensemble des participants pour ces trois journées riches en apprentissages, en expérimentations et en échanges.
Une chose est certaine : la création audiovisuelle évolue à une vitesse incroyable. Et s’il y a une leçon que je retiens de cette formation, c’est que l’IA ne remplace pas la créativité. Elle offre simplement de nouveaux outils à celles et ceux qui souhaitent raconter des histoires autrement.
Bonne nouvelle : une nouvelle session est déjà prévue ! Si vous souhaitez développer vos compétences en vidéo générative et découvrir les méthodes utilisées par les professionnels, je ne peux que vous recommander cette formation.













